L’effet d’échelle que je résumerai en : « plus c’est gros plus c’est économique » * est sans doute enseigné dans toutes les écoles de management, il a fait les beaux jours de la production de masse et reste fortement ancré dans les esprits comme un incontournable. Qui mène à la catastrophe dans bien des cas…

Il a conduit à développer des lignes de production rapides mais peu flexibles, ou chaque élément (matériel ou humain) est très spécialisé et souvent très performant individuellement.Post2Ford

 

Ceci nous ramène à la préhistoire des systèmes de production. Si! Relisez « Le but » de Goldratt paru en 1984 ! On optimise localement et pas globalement, on reste aveugle à l’évolution des besoins du client.

Sur cette base appliquer les technologies de l’industrie 4.0 ne sert à rien, on le verra sur les exemples ci-dessous, on cherche à courir sur une fausse piste.

 

Bien sûr il existe un autre paradigme, celui du juste à temps ou juste nécessaire qui incline à penser que plus on colle au besoin du client plus on est efficace, plus on évite les gaspillages (MUDAS).

Si on l’a pratiqué c’est évident. On est tout aussi capable d’être performant en petite série qu’en grande ! Il faut s’y engager, persévérer, peu à peu on trouve les solutions, les améliorations qui rendent flexible, rapide, efficace. Des décennies de mass production ont permis d’optimiser ce système, quelques années de juste à temps permettront de rattraper la performance apparente.

 

Un exemple (réel), ils sont nombreux du même type.

Un fabricant de produits grand public a des moyens efficaces en série longue depuis 30 ans. Le marché a évolué récemment :

Plus de diversité produit, de concurrence,
Des commandes plus réduites par type, à plus court délai.
Au jeu de la baisse de coût en série les chinois sont meilleurs
Les commandes en B to C sont quasi unitaires et servies sur stock

Dans ce contexte il faut maitriser les couts tout en produisant sur des prévisions imprécises qui conduisent à un stock élevé et souvent inadapté aux besoins. On perd des clients, on finit par détruire des obsolètes.

Les solutions 4.0 :

N°1 proposée par le service technique : Installer des lignes flexibles capables de produire des séries courtes. Ces moyens existent et certaines machines actuelles peuvent être adaptées.
N°2 proposée par le commerce et la production : utiliser le Big data (CRM, données clients et externes) pour améliorer les prévisions et maintenir la taille des séries.

On choisira la N°2 car « la N°1 est couteuse en investissement », « les séries plus courtes auront un prix de revient plus élevé ».

On poursuit donc dans le même cercle vicieux malgré les avis qui disent que les stocks, les obsolètes, les clients perdus coutent cher aussi. On reste sur son bon vieux paradigme puisque c’est dans ce contexte qu’on pense réduire les couts.

On réinvestira plus tard dans les machines flexibles, peut-être trop tard.

 

Un deuxième exemple : toujours réel et actuel

On décide d’acheter un robot qui réalisera des sous-ensembles qui seront ensuite utilisés sur une ligne de montage, et on veut l’installer de manière efficace.
On lui adjoint donc un approvisionneur pour ne pas perdre de temps en chargement d’une pièce à l’autre, cet approvisionneur contient de quoi remplir une palette de sous-ensembles du même type (optimum pour le stockage).

Parfait. On a donc fait d’un outil 3.0, flexible, un système de production de masse…

     Normal puisque : « en série c’est moins cher »

PS : pour info le robot est à l’arrêt 40% du temps faute de charge

 

Vidéo : revient aux sources, mais toujours actuelle  Ford / Toyota

 

Dans un prochain article, une autre fausse piste : Pas de principe fort et compensation par la technologie

*en excellence opérationnelle on dit souvent :
« plus c’est petit plus c’est efficace » en pensant à la taille des lots, à la surface etc.
« si le client achète des colis de 10, produit des lots de 10 »

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