Lorsqu’on veut être efficace il faut s’appuyer sur des principes auxquels on croit et qui sont partagés par l’équipe.

Travailler en flux tiré, tendu orienté client
Ne pas accepter de défaut, réagir et corriger toutes les erreurs
Progresser en équipe

Il faut aussi s’y tenir ou savoir détecter à temps qu’on en est sorti, sinon on risque de s’engager dans une fausse solution qui ne résoudra rien puisqu’elle s’attaque à un symptôme plutôt qu’à la cause racine. L’application d’un des éléments de l’industrie du futur (4.0), sera un échec, couteux peut être, qui va surement amener à refuser les autres possibilités apportée par la révolution numérique.

Coté management

Assez classiquement; on a observé dans certains groupes une perte du dialogue d’équipe le jour où on remplace le tableau visuel par son équivalent numérique, (plus beau, plus efficace) mais qui peut induire le retour à la liste d’actions diffusée par mail (c’est tellement facile) qui a son tour entrainera une perte d’intérêt pour le visuel et la réunion de l’équipe qui va avec. On entend alors parler de « technologie qui déshumanise le management ».

Coté technique Un exemple vécu dans une entreprise qui est en pointe du numérique dans le domaine de la conception, de l’expérience client, mais qui a des problèmes de production.

On produit sur commande, on est donc en flux tiré, le principe de base est respecté pense t-on. En pratique le manque de compréhension du principe, de maitrise, fait que le flux a toutes les apparences du flux poussé.

Au fil du temps, d’aléas en retards et en sous capacité, les commandes en cours se sont accumulées dans l’atelier jusqu’à l’encombrer et à semer le doute sur l’état d’avancement de chacune. On a créé un suivi sur EXCEL pour gérer les urgences. En effet si on traitait les commandes en FIFO la dernière entrée mettrait plus de 3 mois à sortir ce qui est trop long pour nombre de clients.

On fait donc appel à l’intelligence numérique : « il nous faut un ERP avec un bon algorithme pour mieux gérer notre atelier », « un RFID ou mieux un boitier connecté sur chaque palette pour connaitre la position de chaque commande », « un drone ? »… STOP !

La solution est plus simple, revenir au principe de base.Post3Kanban

Vider l’atelier pour redonner la maitrise aux hommes de terrain (ce qui va être long et couteux vu l’état),
puis n’engager une commande que quand une place est libre. C’est-à-dire appliquer complètement le principe du flux tiré.
Pas besoin de logiciel pour cela, quelques emplacements tracés au sol suffisent, ils donneront à chacun la vision de l’avancement. (Kanban passe-plat)

 

Ce qui ne signifie pas que l’informatisation soit inutile, il faut l’appliquer au bon endroit. L’algorithme permettra de choisir le meilleur ordre d’entrée des produits en tenant compte du délai promis au client et des contraintes de blocages ou surcharges que peuvent générer une suite de commandes qui utilisent la même ressource, ce qui a fini par créer la situation précédente.

Sur une base saine comprise et maitrisée par les acteurs de terrain l’appui des technologies nouvelles sera bénéfique en donnant plus de contenu, plus d’anticipation aux décisions prises.

Mais il existe encore d’autres moyens de se faire piéger par l’attrait de la technologie en oubliant un autre principe de base : ce que l’on fait est là pour servir, satisfaire le client.

                      Automatiser le Muda

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